# Quels sont les avantages et inconvénients des bûches pour le chauffage domestique ?

Le chauffage au bois séduit chaque année des millions de foyers français, attirés par une énergie renouvelable au coût maîtrisé. Avec 7,5 millions de ménages équipés d’un appareil de chauffage au bois selon l’Ademe, cette solution ancestrale retrouve ses lettres de noblesse face à la flambée des prix de l’énergie fossile. Pourtant, choisir la bûche comme combustible principal implique de bien comprendre ses caractéristiques techniques, son rendement énergétique réel, mais aussi les contraintes pratiques qu’elle impose au quotidien. Entre économies substantielles et efforts logistiques, entre chaleur authentique et manutention régulière, le chauffage aux bûches présente un profil contrasté qui mérite une analyse approfondie avant tout investissement.

Caractéristiques techniques des bûches traditionnelles et compressées

La qualité d’une bûche se mesure avant tout par ses propriétés physiques et énergétiques. Ces caractéristiques déterminent directement l’efficacité de votre système de chauffage et influencent considérablement votre confort thermique quotidien. Comprendre ces paramètres techniques vous permet d’optimiser vos achats et d’éviter les déconvenues liées à un bois de mauvaise qualité.

Taux d’humidité et pouvoir calorifique du bois sec vs bois vert

Le taux d’humidité constitue le critère déterminant dans l’évaluation d’un combustible bois. Un bois correctement séché affiche un taux d’humidité inférieur à 20%, tandis qu’un bois vert peut contenir jusqu’à 65% d’eau. Cette différence n’est pas anodine : elle impacte directement le pouvoir calorifique inférieur (PCI), qui représente la quantité d’énergie réellement exploitable. Avec 10% d’humidité, une bûche de feuillu dégage environ 4,49 kWh/kg, contre seulement 1,32 kWh/kg à 65% d’humidité. Autrement dit, le bois le plus sec chauffe 3,4 fois mieux que le bois humide pour un même poids.

Cette performance énergétique explique pourquoi les bûches compressées, avec leur taux d’humidité inférieur à 10%, offrent un rendement supérieur aux bûches traditionnelles qui affichent couramment 30% d’humidité à la livraison. L’humidité excessive entraîne une combustion incomplète, génère davantage de fumée et encrasse rapidement les conduits. Avant de brûler, l’eau contenue dans le bois doit s’évaporer, monopolisant une part importante de l’énergie disponible au détriment du chauffage effectif de votre habitation.

Densité énergétique des bûches compressées en chêne et hêtre

Les bûches densifiées se distinguent par leur compacité exceptionnelle, résultat d’un processus de compression sous haute pression (200 à 300 bars). Cette fabrication à partir de sciures et copeaux de feuillus durs comme le chêne et le hêtre produit un combustible particulièrement dense. Une bûche compressée standard de 2 kg dégage entre 4,6 et 5,2 kWh/kg, surpassant nettement le bois traditionnel. Cette densité permet de stocker davantage d’énergie dans un volume réduit : une palette d’une tonne de bûches compressées équivaut à environ 4 stères de

palette de bois bûche sec, tout en occupant trois à quatre fois moins d’espace dans votre garage ou votre abri.

Cet atout de densité énergétique rend les bûches compressées particulièrement intéressantes lorsque la place de stockage est limitée ou lorsque vous recherchez un combustible au comportement plus prévisible que le bois en vrac. En pratique, une seule bûche densifiée peut remplacer trois à quatre bûches traditionnelles bien sèches en termes de chaleur restituée. À l’usage, cela signifie aussi moins de manutention, moins de rechargements et une flambée plus régulière, à condition de bien gérer l’arrivée d’air de votre poêle ou insert.

Dimensions standardisées : 25, 33 et 50 cm pour l’optimisation de la combustion

Au‑delà de l’essence et de l’humidité, la longueur des bûches joue un rôle clé dans la performance de votre chauffage au bois. En France, trois dimensions standard dominent le marché : 25, 33 et 50 cm. Elles sont conçues pour s’adapter aux foyers fermés modernes (poêles, inserts, foyers à haute performance) dont les chambres de combustion sont calibrées pour ces formats. Une bûche mal adaptée – trop longue ou mal refendue – oblige à la recouper, voire à la brûler en position non optimale, ce qui dégrade la combustion.

Plus les bûches sont courtes, plus on peut en loger dans un même volume de 1 m³. C’est ce qu’illustre le fameux coefficient de « stère apparent reconstitué » : un stère de bois débité en 50 cm ne représente plus qu’environ 0,8 m³, et seulement 0,7 m³ si les bûches font 33 cm. En contrepartie, ce bois plus court et mieux refendu sèche plus vite, prend feu plus facilement et permet un meilleur réglage de la flambée. Pour optimiser votre chauffage domestique, l’idéal est donc de choisir la longueur recommandée par le fabricant de votre appareil (souvent 25 ou 33 cm pour les poêles récents) et de s’y tenir pour l’ensemble de votre approvisionnement.

Essences de bois dur : comparatif entre chêne, hêtre, frêne et charme

On distingue classiquement les feuillus durs (chêne, hêtre, frêne, charme…) des feuillus tendres (peuplier, bouleau…) et des résineux (sapin, pin, épicéa). Pour un chauffage au bois performant, ce sont les feuillus durs qui sont à privilégier. Leur densité élevée se traduit par une combustion lente et une excellente restitution de chaleur. À poids égal, le pouvoir calorifique varie peu d’une essence à l’autre (environ 5 000 kWh/tonne), mais à volume égal, un bois dense comme le charme ou le chêne fournira plus d’énergie qu’un bois léger comme le peuplier.

Le chêne est apprécié pour sa grande longévité de combustion et ses braises durables, idéales pour maintenir la chaleur plusieurs heures. Le hêtre offre une belle flamme vive, un allumage plus facile et un compromis intéressant entre montée en température rapide et inertie. Le frêne est souvent considéré comme un « bois passe‑partout » : il brûle bien même relativement frais et encrasse peu. Quant au charme, très dense, il fournit une chaleur très soutenue mais doit être parfaitement sec pour éviter une montée excessive des températures dans le foyer. Dans la pratique, la plupart des fournisseurs proposent des mélanges de ces essences, ce qui permet de bénéficier d’un bon équilibre entre facilité d’utilisation et rendement.

Performance énergétique et rendement calorifique des bûches

Une fois les caractéristiques techniques posées, se pose la question qui vous intéresse le plus au quotidien : combien de chaleur allez‑vous réellement obtenir de vos bûches de chauffage ? La performance énergétique dépend à la fois de l’essence choisie, du séchage, de la masse volumique du bois, mais aussi du type d’appareil dans lequel il est brûlé. C’est la combinaison de ces facteurs qui conditionne votre consommation annuelle et votre confort thermique.

Calcul du rendement en kwh par stère selon les essences

Pour comparer objectivement bois traditionnel et bois compressé, il est utile de raisonner en kWh par stère. Un stère de chêne bien sec (20 % d’humidité) fournit en moyenne autour de 1 700 kWh utiles, contre environ 1 300 kWh pour un stère de peuplier. Cet écart tient principalement à la densité volumique : à pouvoir calorifique au kilo quasi équivalent, le chêne concentre plus de kilos par mètre cube que le peuplier, et donc plus d’énergie.

En pratique, avec un poêle labellisé Flamme Verte affichant 75 à 80 % de rendement, vous récupérerez environ 1 300 à 1 400 kWh de chaleur dans la maison par stère de chêne ou de hêtre. À l’inverse, un foyer ouvert aux performances médiocres (rendement souvent inférieur à 15 %) ne restituera qu’une petite partie de ce potentiel énergétique, le reste partant littéralement en fumée dans le conduit. D’où l’importance, pour un même volume de bois acheté, de disposer d’un appareil performant si vous recherchez un chauffage au bois réellement économique.

Durée de combustion et restitution de chaleur par masse volumique

La sensation de confort ne se résume pas à la quantité totale de kWh produits sur la saison : la durée de combustion et la régularité de la chaleur jouent un rôle décisif. Un bois à forte masse volumique comme le charme ou le chêne brûle plus lentement, produit des braises durables et permet de maintenir une température stable pendant plusieurs heures. À l’opposé, un bois tendre ou un résineux flambe rapidement, monte vite en température, mais refroidit tout aussi vite une fois la flambée terminée.

Les bûches compressées de jour, très denses, offrent généralement une combustion de 1 à 2 heures pour un cylindre de 2 kg dans un poêle fermé correctement réglé, avec une montée en température franche. Les bûches de nuit, souvent fabriquées à partir d’écorces de chêne ou de hêtre, délivrent moins de puissance instantanée mais conservent des braises 6 à 8 heures, ce qui permet de redémarrer facilement le feu au matin. Selon vos habitudes (présence à la maison, usage principal ou d’appoint), vous choisirez plutôt des essences ou des bûches favorisant la longue durée ou une chauffe rapide.

Coefficient de performance selon le type de poêle ou insert

Le même stère de bois donnera des résultats très différents selon l’appareil de chauffage dans lequel il est brûlé. Un insert fermé moderne, un poêle à double combustion ou une chaudière biomasse atteignent aujourd’hui des rendements de 70 à 90 %, contre 10 à 15 % seulement pour une cheminée à foyer ouvert. En d’autres termes, avec la même quantité de bûches, vous pouvez chauffer jusqu’à six fois plus efficacement en passant d’un foyer ouvert à un appareil récent labellisé Flamme Verte.

Cette différence tient à plusieurs paramètres : meilleure isolation de la chambre de combustion, circulation optimisée de l’air primaire et secondaire, température plus élevée des fumées permettant de brûler les gaz imbrûlés (double combustion), échangeurs de chaleur plus efficaces. Dans un poêle à bûches bien dimensionné, il est donc possible de tirer pleinement parti du potentiel énergétique de bûches de qualité, qu’elles soient traditionnelles ou compressées, et de réduire sensiblement votre consommation annuelle de bois.

Impact du séchage naturel de 18 à 24 mois sur l’efficacité thermique

Un bois fraîchement abattu contient une grande quantité d’eau qui pénalise gravement son rendement. Laisser le bois sécher naturellement 18 à 24 mois à l’abri de la pluie, dans un abri ventilé, est l’une des meilleures décisions que vous puissiez prendre pour améliorer l’efficacité de votre chauffage au bois. Au fil des mois, l’humidité s’évacue, le pouvoir calorifique par kilo augmente et la combustion devient plus propre.

Concrètement, brûler un bois mal sec revient à gaspiller une partie importante de l’énergie contenue dans chaque bûche, car une grande quantité de chaleur est mobilisée pour évaporer l’eau au lieu de chauffer votre logement. C’est un peu comme essayer de faire bouillir une casserole pleine de glaçons : avant d’obtenir de l’eau chaude, il faut d’abord fournir de l’énergie pour faire fondre la glace. En planifiant votre approvisionnement un à deux ans à l’avance, vous transformez donc un combustible médiocre en un bois de chauffage performant, plus respectueux de votre appareil et de la qualité de l’air.

Coût d’acquisition et rentabilité économique du chauffage au bois

Si le chauffage au bois reste l’une des énergies les moins chères du marché, son intérêt économique dépend de plusieurs facteurs : prix du stère, qualité du combustible, type d’appareil, et bien sûr coût d’investissement initial. Pour faire les bons arbitrages, il est utile de comparer le bois bûche aux autres combustibles (granulés, fioul, gaz naturel) en raisonnant non pas au prix du stère, mais au prix du kWh réellement restitué dans votre logement.

Prix au stère selon les circuits d’approvisionnement locaux et nationaux

Le prix d’un stère de bois varie fortement d’une région à l’autre et selon le mode d’approvisionnement. En 2025, on observe généralement des tarifs compris entre 60 et 120 € le stère de feuillus durs livrés, avec des écarts marqués entre zones rurales forestières et grandes agglomérations. Acheter auprès d’un producteur local, en période creuse (printemps‑été), permet souvent de bénéficier de prix plus attractifs et de délais de livraison plus courts.

Attention toutefois aux offres trop alléchantes : un bois vendu « pas cher » mais livré très humide peut s’avérer, au final, plus coûteux qu’un bois bien sec acheté un peu plus cher au départ. N’oubliez pas que le bois se vend en volume et non au poids, et que des bûches gorgées d’eau pèsent lourd mais chauffent mal. Lorsque c’est possible, privilégiez les fournisseurs disposant d’un label de qualité (NF Bois de chauffage, France Bois Bûche, ONF Énergie Bois) mentionnant le taux d’humidité et la longueur des bûches sur la facture.

Comparaison tarifaire avec le granulé, le fioul et le gaz naturel

Rapporté au kWh utile, le bois bûche demeure très compétitif par rapport aux énergies fossiles. Selon les comparatifs de l’Ademe et de plusieurs observatoires de l’énergie, le prix du kWh bois bûche se situe souvent autour de 5 à 7 centimes d’euro, contre 10 à 15 centimes pour l’électricité, 10 à 13 centimes pour le gaz naturel et encore davantage pour le fioul domestique, selon les cours. Les bûches compressées et les granulés se positionnent un peu plus haut, autour de 10 à 12 centimes du kWh, mais offrent un confort d’usage supérieur et une qualité plus régulière.

Lorsque le bois assure le chauffage principal d’un logement bien isolé, l’économie annuelle par rapport à un chauffage 100 % électrique ou au fioul peut atteindre plusieurs centaines, voire plus d’un millier d’euros. À l’échelle de la durée de vie de l’appareil (15 à 20 ans), le différentiel de coût compense largement l’investissement initial dans un poêle ou un insert performant. Bien sûr, ces ordres de grandeur doivent être ajustés à votre situation : surface à chauffer, climat local, isolation, prix local des combustibles.

Investissement initial dans un poêle à bûches ou une chaudière biomasse

Le point d’entrée du chauffage au bois reste l’investissement dans l’appareil. Un poêle à bûches de qualité, labellisé Flamme Verte, coûte généralement entre 1 500 et 4 000 € hors pose, selon la puissance, le design et la marque. À cela s’ajoutent le tubage éventuel du conduit, la création ou la mise aux normes d’une arrivée d’air, et la main‑d’œuvre d’installation. Au total, il n’est pas rare que le budget global se situe entre 3 000 et 6 000 € pour un projet complet.

Pour une chaudière biomasse à bûches ou granulés, les montants sont plus élevés : comptez plutôt de 7 000 à 15 000 € pour la chaudière seule, et jusqu’à 20 000 € avec la pose, le silo de stockage et les adaptations hydrauliques. Ces équipements présentent néanmoins l’avantage de remplacer intégralement une ancienne chaudière fioul ou gaz et d’alimenter tout le réseau de chauffage central. Dans tous les cas, des aides financières nationales et locales (MaPrimeRénov’, primes CEE, aides des collectivités) peuvent alléger significativement la facture et raccourcir la durée d’amortissement de votre installation.

Contraintes logistiques de stockage et manutention des bûches

Au‑delà du coût et du rendement, le chauffage aux bûches implique des contraintes logistiques qu’il ne faut pas sous‑estimer. Stocker plusieurs stères de bois, les protéger de l’humidité, les acheminer au quotidien jusqu’au foyer : autant de gestes qui rythment l’hiver et font partie intégrante de cette solution de chauffage. Pour beaucoup, cette manutention est acceptable, voire agréable ; pour d’autres, elle peut devenir un frein à l’usage.

Espace de stockage nécessaire et aménagement d’un abri ventilé

Un stère de bûches de 1 m de long représente 1 m³ de bois empilé. Mais dès que l’on passe en 50, 33 ou 25 cm, le volume apparent diminue en raison d’un meilleur « calage » des bûches : il faut donc prévoir un espace de stockage suffisant pour couvrir toute la saison de chauffe. À titre indicatif, une maison bien isolée de 100 m², chauffée principalement au bois bûche avec un poêle performant, consommera souvent entre 4 et 8 stères par hiver, selon le climat et le confort recherché.

Pour préserver les qualités calorifiques des bûches, l’abri doit être à la fois sec et ventilé. L’idéal : un bûcher ouvert sur les côtés, orienté au sud si possible, qui protège de la pluie tout en laissant circuler l’air. Les bûches doivent être surélevées (sur palettes ou bastaings) pour éviter tout contact direct avec le sol humide. En milieu urbain, où l’espace est compté, les bûches compressées ou les granulés en sacs peuvent constituer une alternative intéressante, car ils nécessitent trois à quatre fois moins de place pour une énergie équivalente.

Manipulation manuelle et charge physique du réapprovisionnement quotidien

Se chauffer aux bûches, c’est accepter une certaine dose de travail manuel : réception des livraisons, empilage du bois, coupe ou refente éventuelle, transport quotidien des bûches jusqu’au poêle ou à la cheminée. Chaque flambée suppose de charger le foyer, d’ajuster l’air, puis de revenir recharger au bout d’une à deux heures selon le type de bûches. Pour une famille qui vit principalement au rez‑de‑chaussée, cette routine est souvent bien intégrée ; mais pour des personnes âgées ou des logements à étages, la corvée peut vite se faire sentir.

Vous devez donc vous demander honnêtement : suis‑je prêt à consacrer quelques minutes plusieurs fois par jour à mon chauffage au bois ? Si la réponse est oui, le bois bûche est une solution pertinente et économique. Si vous recherchez davantage d’automatisation, un poêle à granulés, une chaudière à pellets ou un mixte bûches/granulés pourra offrir un meilleur compromis entre confort et indépendance énergétique.

Risques liés aux insectes xylophages et moisissures par mauvais stockage

Un bois mal stocké ne perd pas seulement en pouvoir calorifique, il peut aussi devenir un nid à nuisibles. Les insectes xylophages (capricornes, vrillettes, termites dans certaines régions) apprécient particulièrement les tas de bois humides et peu ventilés. S’ils se rapprochent trop des structures de la maison, ils peuvent, à terme, représenter un risque pour la charpente ou les menuiseries. D’où l’intérêt de maintenir une distance de sécurité entre le bûcher et les murs porteurs du logement.

L’humidité stagnante favorise également l’apparition de champignons et de moisissures sur les bûches. Au‑delà du simple aspect esthétique, ces développements fongiques sont le signe d’une dégradation de la qualité du bois : la combustion sera plus difficile, plus polluante, et l’encrassement de votre appareil s’en trouvera accentué. En résumé, un stockage sain, aéré et protégé est un prérequis indispensable pour tirer pleinement parti des avantages du chauffage aux bûches.

Impact environnemental et bilan carbone du chauffage aux bûches

Le chauffage au bois est souvent présenté comme une énergie verte, renouvelable et quasi neutre en carbone. Si cette réputation n’est pas usurpée, elle mérite toutefois d’être nuancée : tout dépend de la gestion des forêts, de la qualité de la combustion et du type d’appareil utilisé. Un bois parfaitement sec brûlé dans un poêle performant n’a pas le même impact qu’un bois humide dans une vieille cheminée ouverte.

Neutralité carbone théorique et gestion forestière durable PEFC

Sur le plan du bilan carbone, le bois bûche présente un avantage majeur : le CO₂ qu’il émet lors de sa combustion a été préalablement capté par l’arbre pendant sa croissance. Tant que les forêts sont gérées durablement – c’est‑à‑dire que l’on replante au moins autant d’arbres que l’on en coupe – le cycle est globalement neutralisé. C’est ce qui distingue le bois des énergies fossiles comme le fioul ou le gaz, qui libèrent du carbone stocké depuis des millions d’années dans le sous‑sol.

Pour s’assurer de cette gestion durable, il est préférable de choisir un bois portant des certifications comme PEFC ou FSC, qui garantissent une exploitation respectueuse des ressources forestières. Le bois compressé n’échappe pas à cette logique : lorsqu’il est fabriqué à partir de sciures et copeaux issus de forêts certifiées, il participe à la valorisation complète de la ressource, en donnant une seconde vie à des résidus qui auraient pu être gaspillés.

Émissions de particules fines PM10 et PM2.5 selon la qualité de combustion

L’autre versant environnemental du chauffage aux bûches concerne les émissions de particules fines (PM10, PM2,5) et de composés organiques volatils. Mal maîtrisé, le feu de bois peut devenir une source significative de pollution de l’air, en particulier dans les vallées encaissées ou les zones urbanisées. Les principaux facteurs aggravants sont connus : bois humide, appareil ancien, tirage mal réglé, feu couvé en permanence au ralenti plutôt que flambée vive.

À l’inverse, un bois très sec, une combustion à température élevée et un appareil moderne réduisent fortement ces émissions. Des études montrent qu’un poêle récent labellisé Flamme Verte 7 étoiles peut émettre jusqu’à 10 fois moins de particules qu’une cheminée ouverte, à quantité de bois identique. C’est un peu comme comparer un vieux moteur diesel sans filtre à particules à une voiture hybride récente : la technologie et les bonnes pratiques d’usage font toute la différence.

Réglementation sur les appareils labellisés flamme verte 7 étoiles

Pour orienter les consommateurs vers des équipements plus vertueux, la filière bois‑énergie a mis en place le label Flamme Verte. Les appareils 7 étoiles, qui représentent le haut de gamme actuel, doivent respecter des exigences strictes en matière de rendement (souvent supérieur à 75 %) et d’émissions de polluants (CO, particules fines, COV). De plus en plus de collectivités conditionnent d’ailleurs leurs aides financières à l’installation d’appareils labellisés.

Dans certaines grandes agglomérations et zones sensibles à la pollution, les réglementations locales restreignent même l’usage des foyers ouverts ou des appareils anciens. Se doter d’un poêle à bûches performant n’est donc pas seulement un choix économique et écologique, c’est aussi une manière d’anticiper les évolutions réglementaires et de préserver la qualité de l’air pour vous et vos voisins.

Inconvénients pratiques liés à l’utilisation quotidienne des bûches

Malgré ses nombreux atouts – coût réduit, chaleur agréable, bilan carbone favorable –, le chauffage aux bûches conserve des contraintes pratiques que l’on ne retrouve pas avec des systèmes entièrement automatisés comme les pompes à chaleur ou les chaudières gaz. Avant de vous lancer, il est important de mesurer ces inconvénients au regard de votre mode de vie et de votre disponibilité quotidienne.

Nécessité d’alimentation manuelle et absence d’automatisation

Contrairement à un thermostat relié à une chaudière ou à des radiateurs électriques, un poêle à bûches ne se gère pas tout seul. Il faut l’alimenter manuellement, surveiller la flambée, ajuster les arrivées d’air, puis recharger régulièrement. Cette interaction peut avoir son charme – allumer le feu, regarder les flammes, profiter de la convivialité du foyer – mais elle suppose une présence physique. Si vous vous absentez plusieurs heures, la température intérieure retombe naturellement une fois la flambée terminée.

Pour certains foyers, cette absence d’automatisation est rédhibitoire ; pour d’autres, elle s’intègre simplement dans le rythme de la journée (rechargement le matin, en rentrant du travail, en soirée). Si vous recherchez un confort « tout automatique », il peut être pertinent d’envisager un appareil hybride (poêle mixte bûches/granulés) ou un système de chauffage principal indépendant, le bois ven ant alors en appoint ou en complément.

Temps de montée en température et inertie thermique variable

Un autre point à considérer est le temps de montée en température. Un poêle à bois rayonne très vite dès que la flambée démarre, mais il faut généralement une bonne demi‑heure pour que la pièce atteigne une température confortable, et plus longtemps encore pour que la chaleur se diffuse dans les pièces adjacentes. À l’inverse, un plancher chauffant ou des radiateurs à eau chaude offrent une chaleur plus lente à apparaître, mais très homogène.

L’inertie thermique dépend également de la conception de l’appareil. Un poêle en acier chauffe et refroidit rapidement, tandis qu’un poêle de masse ou un appareil habillé de pierres réfractaires accumule la chaleur et la restitue sur plusieurs heures, même après l’extinction des flammes. Selon votre logement et vos habitudes (chauffage en continu ou par plages horaires), cette inertie plus ou moins forte pourra être perçue comme un avantage ou comme une contrainte.

Production de cendres et entretien régulier du système de chauffage

Enfin, la combustion du bois génère inévitablement des cendres, même si leur volume reste modeste avec des bûches bien sèches ou compressées. Il faut les évacuer régulièrement du cendrier, nettoyer la vitre de l’insert ou du poêle, et procéder au ramonage mécanique du conduit au moins une fois par an (deux fois étant souvent recommandé, dont une en période de chauffe). Ces opérations d’entretien sont indispensables pour garantir la sécurité, le bon tirage et le rendement de votre installation.

La bonne nouvelle, c’est qu’avec un bois de qualité et un appareil performant, la quantité de cendres reste faible et le nettoyage relativement limité. Certaines bûches compressées produisent moins de 1 % de cendre, ce qui simplifie grandement l’entretien. Quoi qu’il en soit, le chauffage aux bûches demande une implication régulière de votre part : c’est le prix à payer pour bénéficier d’une énergie locale, renouvelable et bon marché, au cœur même de votre habitation.