# Le pouvoir calorifique des différentes essences de bois

Le choix d’une essence de bois pour le chauffage domestique ne se limite pas à une simple préférence esthétique ou à la disponibilité locale. Derrière chaque bûche se cache une réalité énergétique précise, mesurable et déterminante pour l’efficacité de votre système de chauffage. Le pouvoir calorifique, cette capacité intrinsèque du bois à libérer de la chaleur lors de sa combustion, varie considérablement d’une essence à l’autre. Comprendre ces différences permet non seulement d’optimiser votre consommation énergétique, mais aussi de réduire significativement vos coûts de chauffage tout en préservant vos installations. Dans un contexte où les énergies renouvelables gagnent en importance, maîtriser les caractéristiques thermiques des différents bois devient un atout majeur pour tout utilisateur d’appareil de chauffage au bois, qu’il s’agisse d’une cheminée traditionnelle, d’un poêle moderne ou d’une chaudière performante.

Comprendre le pouvoir calorifique : définition et unités de mesure (kwh/kg, MJ/kg)

Le pouvoir calorifique représente la quantité maximale d’énergie thermique qu’un combustible peut libérer lors de sa combustion complète. Cette notion fondamentale se décline en deux variantes : le Pouvoir Calorifique Supérieur (PCS) et le Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI). Le PCS englobe l’énergie totale dégagée, y compris celle récupérée par la condensation de la vapeur d’eau produite durant la combustion. Le PCI, plus couramment utilisé dans le domaine du chauffage domestique, exclut cette énergie de condensation et représente donc l’énergie réellement exploitable dans la plupart des installations conventionnelles.

Les unités de mesure du pouvoir calorifique varient selon les contextes techniques. En France, on privilégie généralement le kilowattheure par kilogramme (kWh/kg), une unité intuitive qui facilite les comparaisons avec d’autres sources d’énergie comme l’électricité. À l’échelle internationale, le mégajoule par kilogramme (MJ/kg) reste également très utilisé. Pour convertir ces unités, il suffit de savoir qu’1 kWh équivaut à 3,6 MJ. Ainsi, un bois affichant un PCI de 4,2 kWh/kg présente également un pouvoir calorifique de 15,12 MJ/kg.

La formule de calcul du PCI intègre un paramètre crucial : le taux d’humidité du bois. En effet, l’eau contenue dans le combustible absorbe une partie considérable de l’énergie produite pour s’évaporer, diminuant d’autant la chaleur disponible pour chauffer votre habitation. La formule théorique s’exprime ainsi : PCI = PCI0% × (1 – humidité %) – (678,6 × humidité %), où PCI0% représente le pouvoir calorifique du bois parfaitement anhydre. Cette équation révèle pourquoi un bois fraîchement coupé, contenant jusqu’à 50% d’humidité, dégage deux fois moins de chaleur qu’un bois correctement séché à 20% d’humidité.

Les professionnels du secteur énergétique utilisent également le concept de rendement volumique, exprimé en kWh par mètre cube apparent (kWh/m³). Cette mesure prend en compte la densité de l’essence, paramètre essentiel puisque les bois denses contiennent davantage

davantage d’énergie par unité de volume. C’est pourquoi, à masse égale, le pouvoir calorifique des différentes essences de bois est relativement proche, mais à volume égal (stère ou m³), les écarts deviennent significatifs et influencent directement vos performances de chauffage.

Classification énergétique des feuillus durs : chêne, hêtre, frêne et charme

Les feuillus durs constituent le cœur de ce que l’on considère comme le « meilleur bois de chauffage ». Chêne, hêtre, frêne, charme (et, dans une moindre mesure, érable ou acacia) affichent une densité élevée et un pouvoir calorifique par mètre cube très supérieur aux essences plus légères. À taux d’humidité comparable, ces essences fournissent une combustion lente, régulière et une production de braises durable, idéale pour les poêles, inserts et chaudières performantes.

Sur le plan énergétique, les feuillus durs présentent un PCI anhydre (0% d’humidité) compris entre 4 900 et 5 300 kWh/tonne selon les études de l’ADEME. En pratique, pour un bois de chauffage correctement séché autour de 20% d’humidité, le PCI utile se situe généralement entre 3,8 et 4,2 kWh/kg. La vraie différence se joue donc davantage sur la densité volumique (kg/m³) que sur le PCI massique (kWh/kg), d’où l’intérêt de comparer ces essences à la fois en kWh/kg et en kWh/m³.

Le chêne pédonculé et sessile : référence du bois de chauffage à 4,2 kwh/kg

Le chêne pédonculé (Quercus robur) et le chêne sessile (Quercus petraea) sont souvent considérés comme la référence du bois de chauffage. À 20% d’humidité, leur PCI moyen se situe autour de 4,0 à 4,2 kWh/kg, soit environ 14,5 à 15,1 MJ/kg. D’un point de vue pratique, cela signifie qu’avec 1 tonne de chêne sec, vous pouvez espérer près de 4 000 kWh d’énergie utile, à condition de disposer d’un appareil au rendement suffisant.

Grâce à une densité élevée, comprise généralement entre 650 et 750 kg/m³ pour du bois sec prêt à l’emploi, le chêne affiche un excellent pouvoir calorifique volumique. Un mètre cube apparent de chêne en bûches de 33 ou 50 cm peut ainsi fournir entre 2 000 et 2 400 kWh, selon la qualité du séchage et la longueur des bûches. Sa combustion est lente, ses braises tiennent longtemps, ce qui en fait un bois idéal pour le chauffage de fond et les appareils fonctionnant en continu.

En revanche, le chêne s’enflamme un peu plus difficilement que des essences plus tendres comme le bouleau ou le résineux. Dans la pratique, il est judicieux d’utiliser quelques bûches plus légères pour l’allumage, puis de charger votre foyer en chêne une fois le feu bien établi. Vous profitez ainsi d’un excellent compromis entre facilité d’usage et rendement énergétique élevé.

Performances thermiques du hêtre commun et du charme-houblon

Le hêtre commun (Fagus sylvatica) et le charme-houblon (Ostrya carpinifolia) figurent également parmi les champions du chauffage domestique. Le hêtre présente un PCI utile à 20% d’humidité de l’ordre de 3,9 à 4,1 kWh/kg, avec une densité moyenne située autour de 700 kg/m³. Il délivre une flamme vive et régulière, offre de belles braises et encrasse peu les appareils lorsqu’il est bien sec. De nombreux chauffagistes le considèrent comme l’un des meilleurs compromis entre confort visuel et pouvoir calorifique du bois.

Le charme affiche des performances encore légèrement supérieures en volume. Avec une densité pouvant approcher ou dépasser 800 kg/m³ à taux d’humidité équivalent, son pouvoir calorifique au mètre cube est particulièrement élevé, souvent cité entre 2 600 et 2 900 kWh/m³ pour des bûches bien rangées. À masse égale, le PCI du charme est proche de celui du hêtre, mais à volume égal, vous stockez plus de kilos de bois, donc plus d’énergie. C’est ce qui explique sa réputation de « bois roi » dans certaines régions.

En pratique, le hêtre et le charme conviennent parfaitement pour une utilisation quotidienne dans un poêle ou un insert moderne. Ils offrent un excellent rendement, un bon maintien de la chaleur et une combustion relativement propre. Si vous recherchez un bois de chauffage polyvalent, facile à fendre, à stocker et à utiliser, ces deux essences constituent une valeur sûre.

Capacités calorifiques du frêne commun et de l’érable sycomore

Le frêne commun (Fraxinus excelsior) et l’érable sycomore (Acer pseudoplatanus) appartiennent également à la catégorie des feuillus durs, même s’ils sont parfois considérés comme légèrement plus « intermédiaires » en termes de densité. Leur pouvoir calorifique massique reste toutefois très proche de celui du chêne et du hêtre, avec un PCI à 20% d’humidité généralement compris entre 3,9 et 4,1 kWh/kg.

Le frêne est particulièrement apprécié pour la qualité de sa flamme : vive, claire et peu étincelante. Il fournit de bonnes braises, chauffe rapidement la pièce et se révèle facile à fendre et à manipuler. Son pouvoir calorifique par mètre cube est légèrement inférieur à celui du chêne ou du charme, mais reste très compétitif, ce qui en fait un excellent bois pour les cheminées ouvertes comme pour les foyers fermés.

L’érable sycomore, quant à lui, présente une densité un peu plus modérée, généralement autour de 600 à 650 kg/m³ pour du bois sec de chauffage. Son PCI par kilogramme demeure similaire aux autres feuillus durs, mais à volume égal, il libère légèrement moins d’énergie. Il reste néanmoins une bonne essence de bois de chauffage, particulièrement intéressante en mélange avec du chêne ou du hêtre pour faciliter l’allumage et la montée en température.

Analyse comparative de la densité anhydre et du rendement énergétique

Pour comparer objectivement les différentes essences de bois, il est utile de distinguer pouvoir calorifique massique (kWh/kg) et pouvoir calorifique volumique (kWh/m³). Comme nous l’avons vu, à masse égale, les écarts de PCI entre essences restent relativement modestes, de l’ordre de 0,3 à 0,4 kWh/kg. En revanche, la densité anhydre (masse volumique du bois sec) varie fortement, de moins de 500 kg/m³ pour certains feuillus tendres à plus de 800 kg/m³ pour le charme ou certains chênes très denses.

Concrètement, cela signifie que si vous remplissez un même volume de stockage avec du chêne ou du charm e plutôt qu’avec du peuplier, vous emmagasinez beaucoup plus d’énergie potentielle. Pour un m³ de bois de chauffage en bûches de 33 cm, on peut ainsi passer d’environ 1 000 kWh pour les essences très légères à plus de 2 400 kWh pour les feuillus durs les plus denses. Vous comprenez alors pourquoi le choix de l’essence influe directement sur votre facture énergétique et la fréquence de rechargement de votre appareil.

En résumé, si vous recherchez un rendement énergétique maximal par unité de volume stocké et brûlé, privilégiez les feuillus durs comme le chêne, le hêtre, le frêne ou le charme. Leur pouvoir calorifique volumique élevé, associé à une combustion stable et à une bonne tenue des braises, en fait des candidats de premier choix pour le chauffage domestique intensif.

Essences de feuillus tendres : peuplier, bouleau et tilleul face au défi énergétique

À l’opposé des feuillus durs, les feuillus tendres comme le peuplier, le bouleau ou le tilleul présentent une densité plus faible et, par conséquent, un pouvoir calorifique par mètre cube nettement inférieur. Leur PCI massique reste pourtant relativement proche, autour de 3,6 à 3,9 kWh/kg à 20% d’humidité. La différence se joue donc encore une fois sur la densité : à volume égal, ces bois contiennent moins de matière et donc moins d’énergie.

Ces essences n’en sont pas pour autant inintéressantes. Leur grande facilité d’allumage, leur flamme vive et leur séchage plus rapide peuvent représenter de vrais atouts, notamment pour l’allumage du feu ou pour un chauffage d’appoint. La clé consiste à bien comprendre leurs limites énergétiques et à les utiliser au bon moment, plutôt que de les considérer comme un bois de chauffage principal pour les périodes les plus froides.

Le peuplier tremble et ses limitations thermiques à 3,2 kwh/kg

Le peuplier tremble (Populus tremula) et, plus largement, les différentes espèces de peupliers, affichent une densité particulièrement faible, souvent comprise entre 400 et 500 kg/m³ pour du bois sec. À 20% d’humidité, leur PCI massique est généralement situé autour de 3,2 à 3,4 kWh/kg, soit sensiblement en dessous des feuillus durs. À volume égal, le pouvoir calorifique du peuplier peut ainsi être presque deux fois inférieur à celui du chêne ou du charme.

En pratique, brûler du peuplier comme bois principal implique des rechargements fréquents, une production de braises limitée et une sensation de chaleur moins durable. Ce bois de chauffage est donc plutôt conseillé pour l’allumage rapide du feu, pour des périodes de mi-saison ou en complément d’essences plus denses. Son intérêt principal réside dans sa légèreté, sa facilité de coupe et de séchage, ainsi que dans sa disponibilité locale dans certaines régions.

Si vous choisissez d’utiliser du peuplier, veillez à ce qu’il soit parfaitement sec, car sa faible densité le rend particulièrement sensible à l’humidité résiduelle. De plus, ne l’employez pas comme unique combustible dans un appareil fonctionnant en continu par grands froids : vous consommeriez alors beaucoup de volume de bois pour un rendement thermique globalement médiocre.

Caractéristiques du bouleau verruqueux en combustion domestique

Le bouleau verruqueux (Betula pendula) occupe une position plus intermédiaire dans la catégorie des feuillus tendres. Avec une densité proche de 600 à 650 kg/m³ à l’état sec, il offre un compromis intéressant entre facilité d’allumage et pouvoir calorifique volumique. À 20% d’humidité, son PCI massique tourne autour de 3,7 à 3,9 kWh/kg, ce qui le rapproche déjà des feuillus plus denses.

Le principal atout du bouleau réside dans sa flamme très vive et lumineuse, qui monte rapidement en température. C’est un excellent bois d’allumage et de montée en puissance, souvent utilisé en complément du chêne ou du hêtre. Son écorce riche en huiles inflammables facilite grandement l’amorçage du feu, au point d’être parfois utilisée comme allume-feu naturel.

En revanche, le bouleau produit des braises moins durables que les feuillus durs et se consume plus vite. À volume de stockage identique, vous devrez donc recharger plus fréquemment votre appareil. Pour optimiser son usage, il est pertinent de l’intégrer dans un « mix bois » : quelques bûches de bouleau pour lancer le feu et obtenir une montée rapide en température, puis des bûches plus denses pour assurer la tenue de la chaleur sur la durée.

Rendement calorifique du tilleul à petites feuilles et du saule

Le tilleul à petites feuilles (Tilia cordata) et le saule (Salix spp.) comptent parmi les feuillus les plus tendres utilisés ponctuellement comme bois de chauffage. Leur densité se situe souvent autour de 450 à 550 kg/m³, avec un PCI massique généralement inférieur à 3,6 kWh/kg à 20% d’humidité. À volume égal, leur pouvoir calorifique du bois est donc nettement inférieur à celui des essences de référence comme le chêne ou le charme.

Ces bois se consument rapidement, produisent peu de braises et doivent être rechargés fréquemment. En contrepartie, ils s’allument facilement, sèchent vite et peuvent rendre service pour des besoins ponctuels de chauffage léger ou d’allumage. Ils sont parfois appréciés pour la cuisson (four à pizza, four à pain) lorsque l’on recherche une flamme vive plutôt qu’une longue tenue de braises.

Dans une optique d’optimisation énergétique, le tilleul et le saule ne doivent pas être considérés comme des bois de chauffage principaux, mais plutôt comme des compléments utiles. Si vous disposez de ces essences sur votre parcelle, vous pouvez bien sûr les valoriser, mais il sera pertinent de les associer systématiquement à des feuillus durs pour garantir un rendement thermique satisfaisant sur la durée.

Résineux et conifères : épicéa, pin sylvestre, douglas et mélèze

Les résineux (ou conifères) comme l’épicéa, le pin sylvestre, le douglas ou le mélèze occupent une place à part dans le monde du chauffage au bois. Leur pouvoir calorifique massique est souvent légèrement supérieur à celui des feuillus, autour de 4,2 à 4,6 kWh/kg à 0% d’humidité, en raison d’une teneur plus élevée en résines et en composés volatils. Pourtant, leur densité plus faible limite leur puissance calorifique par volume, et leur combustion rapide peut être contraignante pour un usage principal.

Autre spécificité : la présence de résines entraîne un risque accru d’encrassement des conduits, de dépôt de créosote et de projections d’étincelles, surtout si le bois est utilisé humide ou dans des appareils peu performants. Faut-il pour autant proscrire les résineux ? Pas forcément. Utilisés à bon escient, ils peuvent être d’excellents bois d’allumage ou de chauffage ponctuel, à condition de respecter quelques règles de base.

Pouvoir calorifique élevé du pin sylvestre malgré sa faible densité

Le pin sylvestre (Pinus sylvestris) illustre bien le paradoxe des résineux. À 0% d’humidité, son PCI massique peut dépasser 5 300 kWh/tonne, ce qui est supérieur à la moyenne des feuillus. À 20% d’humidité, son PCI utile tourne autour de 4,0 à 4,2 kWh/kg, comparable à celui du chêne. Pourtant, sa densité modérée, de l’ordre de 500 à 550 kg/m³, limite son pouvoir calorifique volumique à environ 1 500 à 1 700 kWh/m³ en conditions d’usage courant.

En combustion, le pin s’enflamme très facilement, monte rapidement en température et produit une flamme vive. Il se révèle donc particulièrement adapté à l’allumage du feu et à la montée en puissance rapide d’un poêle ou d’une cheminée. En revanche, il brûle vite, produit des braises peu durables et requiert des rechargements fréquents si vous l’utilisez comme bois principal.

Pour tirer le meilleur parti du pin sylvestre, il est recommandé de l’utiliser en complément de feuillus durs et surtout de veiller à ce qu’il soit bien sec (moins de 20% d’humidité). Un bois résineux humide encrasse très rapidement les conduits et génère davantage de fumées et de particules, ce qui dégrade à la fois le rendement énergétique et la qualité de l’air.

L’épicéa commun et le douglas : analyse du taux de résine et de l’encrassement

L’épicéa commun (Picea abies) et le douglas (Pseudotsuga menziesii) sont largement disponibles dans de nombreuses régions forestières. Leur densité est légèrement inférieure à celle du pin, souvent située entre 450 et 520 kg/m³ pour du bois sec. Leur PCI massique se situe également autour de 3,8 à 4,0 kWh/kg à 20% d’humidité, avec un pouvoir calorifique volumique globalement inférieur à celui des feuillus durs.

Leur principal inconvénient réside dans leur forte teneur en résines et en composés volatils. Lorsqu’ils brûlent dans des conditions imparfaites (bois humide, tirage insuffisant, appareil peu performant), ils produisent des fumées plus chargées en goudrons et en suies. Ces dépôts se fixent sur les parois du conduit sous forme de créosote, augmentant les risques de feu de cheminée et la nécessité de ramonages fréquents.

Cela ne signifie pas que l’épicéa ou le douglas soient inutilisables comme bois de chauffage. Utilisés secs, dans un appareil moderne à haut rendement, avec une température de combustion suffisamment élevée et une arrivée d’air bien réglée, ils peuvent fournir un chauffage efficace, en particulier en démarrage de feu ou en mi-saison. L’important est de conserver un regard critique sur leur usage intensif et de ne pas négliger l’entretien de l’installation.

Performances du mélèze d’europe en chauffage intensif

Le mélèze d’Europe (Larix decidua) se distingue des autres résineux par une densité un peu plus élevée, souvent comprise entre 550 et 600 kg/m³ pour du bois sec de chauffage. Son PCI massique est proche de 4,0 à 4,3 kWh/kg à 20% d’humidité, ce qui, combiné à sa densité supérieure, lui confère un pouvoir calorifique volumique assez intéressant pour un résineux, parfois supérieur à 1 800 kWh/m³.

En combustion, le mélèze fournit une flamme vive, une montée en température rapide et une chaleur soutenue. Il reste toutefois un résineux : il brûle plus vite que les feuillus durs et présente les mêmes contraintes en termes de dépôts de créosote si les conditions de combustion ne sont pas optimales. En chauffage intensif, il nécessite donc un conduit adapté, des ramonages réguliers et une vigilance accrue sur le taux d’humidité du bois.

Utilisé correctement, le mélèze peut constituer une alternative intéressante dans les zones de montagne ou de moyenne montagne où les feuillus durs sont moins présents. Il reste néanmoins pertinent de le combiner avec des essences feuillues lorsqu’elles sont disponibles, afin de prolonger la durée de combustion et de limiter les risques d’encrassement.

Accumulation de créosote et entretien des conduits de fumée

La créosote est un sous-produit de la combustion incomplète du bois, particulièrement présent lorsque l’on brûle des résineux humides à basse température. Elle se dépose sous forme de couche noire et brillante à l’intérieur des conduits de fumée. À terme, cette accumulation réduit le tirage, diminue le rendement énergétique et peut devenir un véritable risque de feu de cheminée si elle s’enflamme brusquement.

Pour limiter la formation de créosote, plusieurs bonnes pratiques s’imposent : brûler exclusivement du bois sec (idéalement moins de 20% d’humidité), maintenir une température de combustion suffisamment élevée, éviter les feux couvants prolongés et assurer une arrivée d’air adéquate. L’utilisation modérée des résineux, en complément plutôt qu’en combustible principal, contribue également à réduire l’encrassement.

Enfin, un entretien régulier du conduit de fumée reste indispensable. En France, le ramonage mécanique est généralement obligatoire au moins une fois par an, et souvent deux pour une utilisation intensive. Au-delà de l’aspect réglementaire, ce contrôle périodique permet d’optimiser le rendement thermique effectif de votre installation et de garantir votre sécurité ainsi que celle de votre habitation.

Impact du taux d’humidité sur le rendement thermique effectif

Quel que soit le type de bois de chauffage choisi, le critère le plus déterminant pour le rendement thermique effectif reste le taux d’humidité. Un bois fraîchement coupé peut contenir de 45 à 60% d’eau, alors qu’un bois bien séché à l’air libre, stocké dans de bonnes conditions, descend généralement entre 15 et 20% d’humidité au bout de 18 à 24 mois. Or, plus le bois est humide, plus une partie de l’énergie de combustion est gaspillée à évaporer cette eau au lieu de chauffer votre logement.

Les données issues de l’ADEME montrent qu’entre 10 et 50% d’humidité, le PCI du bois de chauffage peut être multiplié par plus de deux. Par exemple, un feuillu présentant un PCI d’environ 4,5 kWh/kg à 10% d’humidité tombe à près de 2,2 kWh/kg à 50% d’humidité. Autrement dit, en brûlant du bois vert, vous consommez presque deux fois plus de kilos (et donc de stères) pour obtenir la même quantité de chaleur qu’avec du bois sec.

Au-delà de la simple perte de rendement, l’usage de bois humide provoque une combustion incomplète, une forte production de fumées, un encrassement accéléré de l’appareil et du conduit, ainsi qu’une pollution atmosphérique accrue (particules fines, composés organiques volatils, monoxyde de carbone). À long terme, cela se traduit par un surcoût d’entretien, une usure prématurée de votre installation et un confort de chauffe dégradé.

Pour optimiser l’efficacité de votre chauffage au bois, il est donc crucial de respecter quelques règles simples : faire sécher le bois au moins 18 à 24 mois pour la plupart des essences, le stocker dans un abri ventilé, à l’abri de la pluie et du sol, fendre les bûches les plus grosses pour accélérer le séchage, et, si possible, vérifier le taux d’humidité avec un humidimètre. Un bois de chauffage de classe H1 (moins de 20 à 23% d’humidité) garantit un rendement thermique effectif nettement supérieur à celui d’un bois encore classé H2.

Tableaux comparatifs et coefficients de conversion : du stère au kilowattheure

Pour passer de notions théoriques (kWh/kg, kWh/m³) à des repères concrets pour votre consommation, il est utile de disposer de tableaux comparatifs et de coefficients de conversion entre stère, mètre cube et kilowattheure. Le « stère » correspond historiquement à un mètre cube de bûches de 1 mètre, empilées. Lorsque ces bûches sont recoupées en 50, 33 ou 25 cm, le même stère initial occupe un volume apparent plus faible, car les bûches se rangent mieux et réduisent les vides.

Dans la pratique commerciale actuelle, on raisonne de plus en plus en m³ de bois empilé plutôt qu’en stère, mais la conversion reste indispensable pour comparer les offres. À titre indicatif, un stère de bûches de 1 mètre représente environ 1 m³ apparent, un stère recoupé en 50 cm environ 0,8 m³, et en 33 cm approximativement 0,7 m³. À densité et taux d’humidité constants, plus les bûches sont courtes, plus le volume apparent pour une même quantité de bois est réduit, et plus le pouvoir calorifique par m³ de bois empilé est élevé.

Le tableau suivant donne des ordres de grandeur du pouvoir calorifique par m³ apparent pour quelques essences courantes, à 20% d’humidité, en bûches de 33 cm :

Essence Densité approx. (kg/m³ sec) PCI moyen (kWh/kg, 20% H) PCI estimé (kWh/m³, bûches 33 cm)
Charme ≈ 800 ≈ 4,0 ≈ 2 500 à 2 600
Chêne ≈ 700 ≈ 4,0 ≈ 2 300 à 2 400
Hêtre ≈ 680 ≈ 3,9 ≈ 2 200 à 2 300
Frêne ≈ 650 ≈ 3,9 ≈ 2 100 à 2 200
Bouleau ≈ 600 ≈ 3,8 ≈ 2 000
Peuplier ≈ 450 ≈ 3,3 ≈ 1 400 à 1 500
Sapin / Épicéa ≈ 450 ≈ 3,7 ≈ 1 600

Ces valeurs restent indicatives, car elles dépendent du taux d’humidité réel, du mode de rangement, de la régularité des bûches et de la précision de la densité. Elles fournissent néanmoins un bon ordre de grandeur pour estimer le nombre de kWh disponibles dans votre bois de chauffage. À titre de comparaison, 1 000 litres de fioul domestique correspondent à environ 10 000 kWh d’énergie, soit l’équivalent approximatif de 6 à 8 stères de bons feuillus durs bien secs selon les conditions réelles de combustion.

Pour dimensionner votre consommation annuelle, vous pouvez donc raisonner en énergie plutôt qu’en simple volume. Connaître le pouvoir calorifique des différentes essences de bois, le taux d’humidité moyen et la densité approximative des bûches vous permet d’estimer, en kWh, ce que représente un stère ou un m³ de bois acheté. Vous pouvez ainsi comparer plus finement le coût réel du chauffage au bois avec d’autres énergies, tout en ajustant vos commandes de bois de chauffage au plus près de vos besoins réels.